Chaque séquence de ce récit est un voyage au coeur de la guerre et de ses exactions, une aventure dont on ne connaît jamais à l’avance ni le déroulement ni l’issue.

Hubert PICARD

On y accompagne l’auteur, photoreporter indépendant avide de sensations fortes, couvrant des zones de conflit telles que l’ex-Yougoslavie, les territoires palestiniens, la frontière israélo-libanaise, l’Irak ou l’Afghanistan

Avec émotion, ce trompe-la-mort nous fait partager ses peurs, ses joies, ses réflexions et ses rencontres, compagnons de route ou anonymes croisés au détour de situations jamais banales. Téméraire, il fustige les nantis du journalisme, rémunérés par d’importantes primes et qui, trop souvent, exercent planqués dans leurs luxueux hôtels, ignorant le sens du mot courage et opérant avec excès la désinformation. Ce récit est abrupt, choquant, acide, provocant, déroutant. Il rappelle un certain cinéma hollywoodien où l’action règne en maître et où les principaux caractères, emprisonnés par l’obsession de la guerre, ont un regard manquant parfois d’humanité.

L’auteur l’explique ainsi : « Il y a ceux qui ont approché la guerre et qui ne veulent pas y retourner, et les autres qui ne peuvent plus s’en passer comme d’une drogue qu’il leur faut snifer, même s’ils doivent se transformer en bête. Ceux-là perdent vite leurs convictions et leur coeur. Ils savent qu’à la guerre, la compassion ressemble à un suicide et l’humanité ne rapporte rien. Elle n’est utile qu’à cacher la violence et la férocité de la vie. »

Photographies de l’auteur visibles sur :

http://www.lorgane.com/hubertpicard/

Journée Internationale de l'Enfant Soldat du 12 février 2011. photo: Anaïs BOURQUIN

Le 12 février dernier, la Journée internationale de l’enfant soldat (JIES) était célébrée dans le monde entier. Pour présenter sa vision en matière de réinsertion des enfants soldats et sensibiliser le public à ce phénomène, ECI-DDR a tenu une conférence-débat sur ce thème, en présence d’intervenants de haut rang, membres de l’association et acteurs de la réinsertion.

A l’image de l’assistance présente lors de cet événement, près de 70 personnes, ECI-DDR est par nature une association internationale, composée de membres de nationalités différentes, spécialistes dans les différentes disciplines concernées par la démobilisation et la réinsertion des enfants soldats – droit international et humanitaire, géopolitique, gestion de situation de crises – ou présentant des compétences complémentaires – communication, gestion de projet.

Récemment élu Président d’ECI-DDR, Gérard Lemoine a inauguré la conférence, après avoir rappelé la contribution précieuse de Bernie Le Van Xieu, son prédécesseur, pour le lancement de l’association.

Gérard LEMOINE, Président D'ECI. photo: Anaïs BOURQUIN

Il a rappelé que la date du 12 février a été choisie pour célébrer la JIES parce qu’elle marque la date anniversaire de l’entrée en vigueur du Protocole facultatif à la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. Ce phénomène, véritable fléau qui concerne de nombreux pays, menace la paix et la sécurité internationale.

Qu’ils soient déjà démobilisés ou non, les enfants soldats sont des citoyens qui participeront à la construction de l’avenir de leur pays. Leur passé traumatisant nécessite une prise en charge adaptée pour les aider à se reconstruire et les accompagner dans leur retour à la vie civile.

C’est précisément là qu’intervient ECI-DDR.

Paul Perrin, Fondateur et Délégué Général d’ECI. photo: Anaïs BOURQUIN

Paul Perrin, co-fondateur de l’association, a exposé l’ambition et la vision d’ECI-DDR : soutenir les anciens enfants soldats dans leur réinsertion en leur proposant, dans un cadre adapté, une formation professionnelle et en les accompagnant jusqu’à leur intégration dans le tissu social et économique local. Pour cela, l’association a élaboré un modèle de centre de réinsertion, pouvant accueillir jusqu’à 50 enfants chaque année et être décliné pour s’adapter aux besoins spécifiques de chaque zone. Associée à ses partenaires de terrain, Simmama et HAMAP, ECI-DDR est d’ores et déjà active, malgré sa relative jeunesse, dans divers pays, et notamment au Congo.

 

Amri Bouriala et Antoine Schmitt, deux membres actifs d’ECI-DDR, ont ensuite rappelé les caractéristiques des enfants soldats (psychologiques, sociales) et procédé à un état des lieux sur la situation des enfants soldats dans le monde, qui connaît aussi bien des avancées dans certains pays (Philippines, Sud-Soudan, Sri Lanka), qu’une persistance du phénomène (RDC).

 

Amri Bouriala, Formateur au ministère de la Justice, spécialiste des enfants soldats. photo: Anaïs BOURQUIN

Antoine Schmitt, Chargé de veille humanitaire ECI. photo: Anaïs BOURQUIN

 

Astucieusement orchestrée par Ibrahim El Ali, la conférence s’est poursuivie par l’intervention de Sory Brahim Camara, qui a développé la notion de déstructuration des Etats africains, expliquant les effets de l’absence de fondations dans ces pays sur la situation sociopolitique en Afrique. Il a souligné que le phénomène des enfants soldats est lié à des facteurs aussi bien moraux et politiques, qu’économiques et éthiques. Enfin, Monsieur Camara a précisé que le défaut de structures éducatives et la fragilité des cellules familiales augmentent le risque de voir les enfants envoyés par leur famille pour intégrer les forces militaires.

Ibrahim El Ali, président de l’ONG Bluegreen et membre du Conseil d’administration d’ECI ; Sory Brahim Camara, Chargé des relations avec l'international du Président ivoirien Ouattara ; Cyril Musila, Professeur de géopolitique des confits africains & construction de la paix et Chercheur associé à l'Institut français des relations internationales. photo: Anaïs BOURQUIN

Après cet éclairage averti, Cyril Musila a proposé un décryptage en profondeur de la région des Grands Lacs. Il a rappelé l’ancienneté de la présence d’enfants soldats dans cette région de l’est de l’Afrique : apparu au milieu des années 80, ce phénomène est parti de l’Ouganda pour atteindre la RDC, puis la Centrafrique, avec pour constante des objectifs politiques (prendre le pouvoir) ou idéologiques (instaurer une certaine vision du pouvoir). Aujourd’hui, les forces armées sont entre autres constituées d’enfants soldats de 2e ou 3e génération, qui se retrouvent à combattre d’anciennes rébellions ayant depuis accédé au pouvoir. Ces générations se caractérisent par une transformation de la place et du rôle des enfants soldats, garçons et filles confondus.

 

Cette année encore, nous avons pu compter sur la présence de Lucien Badjoko. Ancien enfant soldat ayant combattu en RDC et auteur du livre J’étais enfant soldat (Plon), il nous a offert son témoignage, rappelant la complexité de cette problématique. Monsieur Badjoko a également présenté son association, l’Ambassade des Jeunes Victimes de Guerre. Constituée à l’initiative d’anciens enfants soldats et de militants des droits de l’homme, cette structure vise à défendre les droits et les intérêts des enfants intentionnellement impliqués dans des conflits armés.

Lucien Badjoko, auteur de "J'étais enfant soldat" (Plon). photo: Anaïs BOURQUIN

L’aspect juridique est en effet un volet délicat de la problématique des enfants soldats, notamment concernant leur responsabilité et leur statut au regard du droit international. Très loin d’être tranché, notamment en raison de l’hétérogénéité des législations selon les pays, le débat est intense sur la scène internationale… et dans l’audience que nous avons accueillie pour cette conférence ! Les questions posées par l’assistance ont, entre autres, porté sur le non respect des règles de droit international et le vide juridique concernant la réinsertion des enfants soldats. Pour apporter des éléments de réponse, nous avons pu compter sur nos spécialistes : Hassatou Baldé, Docteur en droit international et Marie-Paule Babli, Secrétaire générale d’ECI.

Marion Le Jean, Juriste international, spécialisée en droit humanitaire et de l’homme. photo: Anaïs BOURQUIN

Cet effort de sensibilisation n’aurait pas été complet sans le rappel de l’implication des jeunes filles dans les conflits armés. En l’absence d’Elodie Pelois, notre spécialiste de la question, c’est Marion Le Jean, Juriste international, spécialisée en droit humanitaire, qui a rappelé la présence massive des filles et jeunes femmes au sein des forces armées. Si elles ne sont pas toutes combattantes, elles sont utilisées comme éclaireurs ou domestiques et, parfois, comme esclaves sexuelles, étant offertes au titre d’« épouse » aux soldats.

 

Enfin, deux associations partenaires d’ECI-DDR nous ont fait part de leurs actions en RDC. Emmanuel Maduda, Président de « Un jeune, un métier », a présenté les formations professionnelles dispensées aux enfants soldats démobilisés.

Soeur Marguerite. photo: Anaïs BOURQUIN

Bien que sa Fondation soit présente dans plusieurs pays, c’est d’un centre également implanté dans ce pays dont Sœur Marguerite nous a parlé, détaillant son fonctionnement au quotidien dans une intervention très émouvante.

 

 

 

 

ECI-DDR remercie chaleureusement le Service Historique de la Défense qui a gracieusement hébergé cette conférence-débat dans le Pavillon du Roi, au château de Vincennes, ainsi que nos sponsors pour cet événement : l’association APICAA et la société LABARONNE CITAF.

Service Historique de la Défense au Château de Vincennes

Association pour la Promotion de l'Initiative et de la Culture en Afrique et en Asie

Ingénierie de la Citerne Souple

 

 

 

 

 

 

 

L’association remercie également toutes les autres personnes qui ont activement contribué à la préparation et au bon déroulement de cette journée, dont les membres d’ECI-DDR suivants : Anaïs Bourquin, Nadéra Chaber, Noelly Dzatu Akumah, Katia Fabregas, Assistante communication ECI, Nicolas Le Van Xieu, Thinh Nguyen, Webmaster ECI, Nicolas Pupier, Chargé de communication ECI, Jean-Philippe Samson, Elodie Pelois, Responsable de projets (aide au développement international) ECI, spécialiste des enfants et des filles soldats, Perrine Lacroix, chargée de communication ECI.

Prévention de conflits

L´association Euro Coopération Ingénierie (ECI) est une ONG menant des projets de DDR (Démobilisation / Désarmement / Réintégration). Elle centre ses activités sur des Projets de l’ONU et de l’UE sur des programmes pour ex-enfants-soldats et enfants des rues.

ECI: En 2003, un groupe de réflexion et d’études se crée et se charge de recherches sur la problématique des ex-belligérants dans des pays sortant de crise. Aujourd´hui, ECI est une association française type loi de 1901qui regroupe un large éventail de spécialistes des situations de post-crise et experts de l’Afrique.

Une équipe de spécialistes du DDR, un ensemble de compétences pluridisciplinaires complémentaires au service de la réinsertion des ex-belligérants, de la réintégration des enfants des rues et de la prise en charge des populations difficiles.

Une connaissance approfondie de l’Afrique et des zones de conflits, des expériences solides en matière de management des hommes, de gestion des crises et de conduite de projets.

Des femmes et des hommes qui partagent les mêmes valeurs éthiques, un même engagement pour la paix par la préservation des enfants et jeunes adultes de la violence fondée sur l’éducation, la formation, le développement et la responsabilisation dans leur devenir.

Si vous souhaitez nous rejoindre et participer bénévolement à cette activité cruciale de prévention des conflits, merci de nous contacter.

M. Paul Perrin

Association ECI (DDR)
6, Square Desaix
75015 Paris
France

Euro Coopération Ingénierie DDR |
Euro Coopération Ingénierie DDR

Grace, Milly et Lucy font partie des 30 000 enfants ougandais enlevés par des rebelles et transformés en guerriers engagés dans des conflits sanglants, au cours des 20 dernières années. De ce nombre, 30 % sont des fillettes qui, en plus d’être forcées à devenir soldates, sont transformées en esclaves sexuelles. À 12 ou 13 ans, elles donnent naissance à des enfants qui, à leur tour, risquent de perpétuer la violence. Grâce à Raymonde Provencher, trois de ces soldates prennent la parole et livrent un témoignage bouleversant, déchirant, inimaginable.

Trois-enfants-soldates-prennent-parole---crédit photo cyberpresse.ca

«Il m’a fallu faire trois voyages en Ouganda pour amener ces filles à parler ouvertement de ces horreurs qu’elles n’évoquaient qu’en chuchotant. Je leur ai dit : “Méfiez-vous de l’eau qui dort. Il faut parler, il faut vous libérer. Si vous cachez ces choses, personne ne pourra les soupçonner, et rien ne va changer.” J’ai été très claire, je leur ai expliqué que leur témoignage serait filmé et diffusé, et la troisième fois, quand je suis revenue avec ma caméra, elles ont enfin accepté de se confier.»

C’est donc la parole qui fournit la matière du documentaire de Raymonde Provencher, et non l’étalage inutile de la violence. La documentariste avait privilégié cette même approche dans War Babies… Nés de la haine, en 2002, où elle dénonçait déjà les viols systématiques pendant les conflits armés, qui donnaient naissance à des war babies.

«Au fond, on tourne toujours le même film. Tous les matins, je me lève en pensant à ces filles africaines revenues de la guerre avec les enfants qu’elles ont eus avec des rebelles, et je m’interroge sur ces victimes de la violence guerrière et qui risquent de la transmettre.»

Raymonde Provencher travaille dans le monde de l’information depuis 30 ans. D’abord recherchiste à Télé-Québec et à Radio-Canada, elle a participé notamment à Femmes d’aujourd’hui, à Ce soir et à L’objectif. À partir de 1993, elle vit l’aventure de l’émission Nord-Sud, parcourant une trentaine de pays en 12 ans. En 1995, elle fonde sa propre maison de production de films, Macumba International, en compagnie de Patricio Henriquez et de Robert Cornellier. Raymonde Provencher a été présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) de 1982 à 1984.

Rescapées de l’enfer

Après des années d’enrôlement forcé dans l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), menée par Joseph Kony, «un mystique illuminé», plusieurs femmes soldates sont parvenues à s’évader et à regagner leur village. Mais ces rescapées de l’enfer sont marquées et ostracisées, leurs enfants sont soupçonnés d’être possédés par des esprits malins. Certaines de ces femmes, comme Lucy, ont accepté les règles de la guerre et sont devenues à leur tour rebelles et tortionnaires. «Mais il ne faut pas oublier que Lucy n’avait que neuf ans lorsqu’elle a été enlevée et embrigadée», rappelle la cinéaste.

À l’opposé, il y a Grace, qui n’a vécu que sept mois avec les rebelles. Par la suite, Grace a eu la chance extraordinaire d’obtenir une bourse pour étudier aux États-Unis, où elle s’est établie. Depuis, elle tente de faire connaître le drame des filles soldates ougandaises. Dans Grace, Milly, Lucy…, on la voit prendre la parole aux Nations unies pour dénoncer cette situation.

Cependant, la tragédie continue, sous le regard impassible du reste du monde. Chassée de la frontière du Sud-Soudan par les forces indépendantistes, l’armée de Joseph Kony sévit maintenant dans l’est du Congo. Raymonde Provencher raconte : «Juste avant Noël, nous avons appris que la LRA a attaqué un village congolais, tuant 400 personnes et enlevant 400 enfants…»

 

source: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/cinema/201102/18/01-4371542-grace-milly-lucy-des-fillettes-soldates-enlevees-et-embrigadees-a-neuf-ans.php

Film réalisé par Christophe Tardy pour une campagne de sensibilisation contre les enfants dans la rue.

14 February 2011 – The recruitment and use of children by armed forces and other armed groups in Chad persists, Secretary-General Ban Ki-moon says in a new report, while noting that reduced tensions last year enabled many children to leave such groups.

Child soldiers

The report to the Security Council on children and armed conflict in Chad, which covers the period from July 2008 to December 2010, also notes that children continue to be targets of sexual and gender-based violence, and that mines and other explosive remnants of war continue to expose children to danger.

Attacks on humanitarian workers in eastern Chad on many occasions adversely impacted children’s access to humanitarian aid, including education and health care, according to the report. Lire la suite »